Consignes de Sylvain Levey

Retrouvez les consignes de Sylvain Levey et les textes que nous avons reçus en retour.

Je me réveille sous les cris répétitifs de ma mère qui me dit de me lever. Je fixe le plafond en bois de ma chambre pendant un moment émergeant de mon sommeil, je reste dans les vapes quelques secondes jusqu'à ce que je voies mon petit chat détruire ma pile de devoirs bien rangée sur mon bureau ... d'après moi . En sortant de ma chambre je passe devant mes bibliothèques remplies à ras bord de livres , surtout de vieux romans , ces livres me permettent de m'évader, de m'enfuir loin de mon quotidien morne et insipide. Je descends. Ma mère est prête à partir au travail. Elle ne passe plus de temps avec moi le matin . Mon père ? Il dormira à coup sûr jusqu'à midi , éreinté par sa nuit . Après avoir avalé mon petit déjeuner en quatrième vitesse et m'être habillée, je vais à l'arrêt de bus ... Je n'aime pas le bus , je n'aime pas les gens qui le prennent , je ne leur parle jamais. J'aime bien marcher avec de la musique dans mon village , en passant devant les vieilles maisons avec leurs murs de pierres et leur portes en bois massif et leurs petits jardins. Je me demande souvent comment vivaient les gens il y a un ou deux siècles. Je sais pas pourquoi mais ça me rend nostalgique surtout quand l'odeur de l'après pluie sur le goudron est là. J'imagine les gens travaillant dans leurs jardins, les femmes étendant leur linge là où maintenant se tiennent des terrasses en dalles ; les enfants jouant à courir après les chats ou les oiseaux, les hommes travaillant dans les champs, là où maintenant se tiennent de nouvelles maisons avec leurs grandes baies vitrées et leurs immenses jardins. Je passe devant l'ancienne épicerie maintenant fermée, je me demande comment étaient les premiers propriétaires de cette bâtisse. Quand j'arrive à l'arrêt de bus , mes rêveries s'arrêtent en voyant ces enfants le nez collé sur leurs portables , sac de cours sur le dos. Seul dans un coin avec pour seul bruit les dernières gouttes de pluies coulant le long des gouttières des maisons , cela me rend triste . Le bus que je prend passe par une forêt où parfois on peut y voir des animaux sauvages, là encore je me mets à imaginer... Je me mets à imaginer il y a 78 ans , en 1943, j'imagine que des résistants se cachent dans les bois que je vois depuis ma vitre , y avaient construit leur base dans les branches basses là-bas et planifié leur plan contre les allemands qui étaient dans la vallée à ma gauche, aidant les juifs à s'enfuir au delà de la montagne au péril de leur vie. J'imagine leurs vêtements d'époque et leur apparence, surtout les femmes , une femme grande mince , avec un pull torsadé, une jupe crayon descendant en dessous du genou, portant une écharpe dans le froid de l'hiver, sur sa bicyclette, se rendant à la base de ses compères. Si cette femme avait existé, a-t-elle pensé qu'un jour des enfants passeraient par le même chemin de montagne qu'elle ? Les mêmes arbres d'automne que nous ? Sûrement pas. Si ces arbres pouvaient parler, ils en auraient des choses à dire... J'aime bien cette route, en plus de n'être pas beaucoup fréquentée, on peut y voir la vallée toute entière, Vaux-sur-Poligny, Poligny, et pendant les jours dégagés , au loin, Lons-le-saunier. Les parties les plus anciennes de la ville , vieilles de plusieurs siècles pour certains bâtiments avec leurs toits colorés, contractant avec les parties neuves de la ville. Et pareil en ville : les vieilles maisons , sûrement des années 20 pour le centre ville, contrastent avec les adultes habillés comme pour aller à un entretien d'embauche, pressés, le nez ou l'oreille sur le téléphone, ne prenant pas le temps de lever la tête et de profiter de la vie. Au loin on peut voir la vielle chapelle et derrière les anciens remparts où se tenait un château à l'époque détruit par Charles IV. Je me demande comment étaient les ennemis voyant depuis les hauteurs ce petit village ... Enfin , le bus arrive au collège. Il est assez vieux , je ne sais plus de combien d'années, en tout cas il a connu la seconde guerre mondiale car devant il y a une stèle pour commémorer la mémoire d'un élève tué parce qu'il était juif. La façade du collège est assez triste quand j'y pense, je regarde les élèves tous traîner des pieds pour rentrer, je ne vois pas mes amies, je vais être encore seule . En posant le pied à l'intérieur du collège je me dis, comme les 456 derniers jours, comme une boucle infinie , "allez encore un jour"...

Salomé

 

 

Elle sort de chez elle pour promener son jeune chien. Elle voit de vielles maisons, certaines habitées, d’autres non. Elle passe aussi devant un ancien lavoir avec peu d’eau à l’intérieur, mais il y a aussi une immense maison de retraite. Souvent elle croise un monsieur d’un certain âge qui, lui aussi, promène son chien, mais ils se disent juste bonjour. Après un détour elle fait une petite pause devant une rivière où elle regarde les poissons, son chien s’y intéresse beaucoup aussi, il aimerait sans doute les attraper. Plus loin après s’être remise à sa promenade, elle croise un groupe de marcheurs de toutes générations confondues. Et dans une vielle et grande maison, elle voit des enfants s’amuser à jouer au basket. Vers la fin de sa promenade, il y a un arrêt de bus, qui fait peur la nuit, car il est éclairé seulement par un lampadaire qui ne marche plus très bien. Juste avant de rentrer chez elle, il y a un parc avec des poneys. Puis après avoir fait cette promenade avec son chien, elle rentre chez elle avec le sourire, ça lui a fait du bien de se détendre avec son chien !

Gwladys

 

 

 

Cette fille arrive au bus à côté du vieux château de son village, elle passe devant des vieux champs d'agriculture, des vignes... Elle voit aussi un étang avec des lapins, des oies, des canards. Aussi, elle y voit un stade, un stade de foot où elle passe la plupart des ses après-midis. Elle voit un grand pâté de maisons en pierre, le bus s'arrête trois minutes à l'arrêt du Bouchaux, petits et grands y montent. En passant, elle voit une belle maison décorée avec de beaux et grands arbres tout colorés. Elle passe devant une ferme avec plein de tracteurs... Le bus continue sa route elle voit des champs et le bus s'arrête à l'arrêt de bus Des Tuileries, ils montent, en train de parler de pleins de choses ; l'arrêt de bus est à côté de la maison de la nounou de sa petite sœur. Elle voit une grande route droite et longue, elle la prend avec le bus, elle voit des vaches dans de grands champs, elle entre dans un pâté de maisons. Dans ce pâté, sa maison, elle voit sa maison avant de tourner vers une petite route qui descend, le bus s'arrête à l'arrêt du Viseney commune de Bersaillin. Puis elle y voit une maison seule avec des champs autour, c'est la campagne.

Orane

 

 

 

Elle sort de chez elle, toute heureuse. En effet, sa journée s’annonce particulièrement bonne, en plus il fait beau et chaud. Elle va à son arrêt de bus. Elle monte dans le bus. Le bus démarre. Elle est tellement heureuse qu’elle regarde partout autour d’elle. Là sur sa gauche, un petit portail rouillé. Elle se demande ce qui va bien lui arriver d’extraordinaire aujourd’hui. Un prof absent? Une bonne note ? Finir plus tôt ? Avoir son dessert préféré a la cantine? Oh! Elle passe sous un petit tunnel. Et malgré le bruit du bus, elle entend le clapotis d’une rivière qui passe entre les arbres. Ah! Elle est détendue, sereine. Elle passe dans un petit village et sur sa droite, elle voit une charcuterie. Maintenant elle a faim ! A la sortie du village elle voit une église avec un cimetière devant. Le bus s’arrête à son deuxième arrêt devant un petit abribus en bois. Les personnes montent mais elle continue de regarder par la fenêtre et d’observer la nature avec son petit air ravi et heureux. Le bus redémarre. A la radio passe sa chanson préférée. Sur la droite, elle aperçoit une ferme avec deux granges et des champs à perte de vue. Des champs et encore des champs... Enfin un peu de civilisation avec un nouvel arrêt à côté d’une fontaine. Le bus redémarre. Elle continue de sourire et de regarder par la fenêtre et là, un truc qui va la faire encore plus sourire : elle distingue une vieille maison avec des volets orange vif. Décidément cette journée s ‘annonce joyeuse. Puis, vient son dernier arrêt devant une grande école primaire où tout le monde attend le bus. Le bus s’arrête. Puis il repart, cette fois en direction du collège. Arrivée au collège, on lui prend sa température, on lui met du gel hydroalcoolique... Et oui Covid oblige. Puis elle entre enfin dans le collège. La journée commence !

Eve

 

 

 

Une alarme retentit dans ma chambre, pourtant ce matin j’aurais tout fait pour qu’elle ne sonne pas… Pourquoi ? On est lundi et je passe mon brevet. Ma mère m’en parle depuis trois semaines, je suis plus énervée que jamais. J’entends déjà mes amis se plaindre à cause de ça ! Je me lève, déjeune et part. Le long du trajet à pied pour aller au bus, j’allume mon téléphone, mets mon casque et allume ma musique. Une fois à l’arrêt de bus, j’attends ce dernier et monte tout au fond, à la place du milieu. Le bus part de mon arrêt. Je suis seule dans l’immense bus avec le chauffeur. On sort de mon village, les champs sont grands à l’extérieur de ce dernier. Les troupeaux de vaches nous regardent passer depuis l’intérieur des champs avec un air amusé, ce qui ne m’amuse pas du tout et me met encore plus en rogne. Une vache ? De meilleur humeur que moi ? Je ne vaux pas mieux qu’une bestiole qui passe sa vie à brouter de l’herbe devenue jaunâtre ! Je soupire en regardant le paysage. Les arbres s’étendent le long de la route, les forêts s’étendent à perte de vue et les étangs qui sont sûrement remplis de poissons. Le truc qui m’embête c’est que la pollution est partout…. Il y a plusieurs arrêts de bus sur le trajet que je prends, je suis la première, j’ai donc le bus à moi toute seule pendant quelques minutes. Le voyage est déprimant, les panneaux des villages sont assez rouillés, les fermes sont vielles, tout est déprimant et m’énerve…. Et ça, ça m’énerve encore plus. Après une heure de trajet, le bus est presque plein. J’ai du me déplacer de ma place du milieu pour aller contre la vitre droite, une de mes amies m’a pris la place. Nous sommes au dernier arrêt et j’ai une vue parfaite sur le vieux château qui tombe en ruine. Le bus repart et je regarde les personnes qui regardent le bus passer. Nous entrons dans une ville, on arrive on y est presque ! Je ne sais pas pourquoi je le sens mal…. Pourtant tout a l’air normal…. Les voitures que nous croisons sont nombreuses et de toutes les couleurs, les camions chargés passent à côté de nous. Tout est comme habituellement…. Je regarde fixement par la fenêtre au fond du bus tout ce que je peux voir et sentir le vent par la fenêtre qu’ont ouverte mes amis. Les routes sont nombreuses, le rond point est dangereux, les magasins sont nombreux en ville, les deux roues sont plus nombreux qu’on ne le croit, les boulangeries sentent le pain. On arrive et tout le monde se lève avant l’arrêt total du bus, comme d’habitude. Je ne me lève pas et attends. Une fois tout le monde descendu je me lève et prends mon sac, les sacs à dos sont lourds à cette époque de l’année. Dehors il fait tellement chaud que les insectes nous tournent autour. Pourtant quand je suis rentrée dans le bus une heure et demie auparavant il faisait frais et il y avait du brouillard. Encore quelque chose qui m’énerve…. Je fais quelques pas avant d’arriver devant la grille du collège. Les téléphones vibrent. Je sors le miens discrètement tout en entrant dans le bâtiment. Je me stoppe. Je me disais bien que cette journée allait vraiment mal se passer… Ça m’énerve déjà !

Emma

 

 

 

Aujourd'hui, je porte une longue jupe bien épaisse qui me va jusqu'aux genoux.

 

Il est bientôt 19h et le soleil va bientôt se coucher. Les couchers de soleil, j'adorais ça avant ; tout est teinté de rose ou d'orange et il y a cette douce sensation des rayons du soleil caressant ta peau, c'est un moment magique et fabuleux... Mais depuis que je suis arrivée dans ce lycée, tout a changé. Maintenant, les couchers de soleil, ça annonce la nuit, la nuit froide et sombre.

 

La fin des cours sonne. Certains se précipitent pour ranger leurs affaires, d'autres sont déjà devant la porte en train de se bousculer. Mais moi, je reste clouée à ma chaise et n'ose pas bouger.

J'appréhende l'avenir.

Comme chaque soir, je prends mon sac, le ventre noué, la gorge sèche, je traverse le long hall à toute allure, il fait déjà si sombre dehors. Les autres prennent le bus. Comme je les envie... Dommage qu'il n'y ait pas d'arrêt de bus juste devant ma porte. Mais ce n'est pas le moment de les regarder s'engouffrer dans le bus sécurisé ; je n'ai pas assez de temps, il faut que je me dépêche. Je marche vite mais je ne cours pas; je garde mes forces au cas où... Jusque là tout va bien, j'ai traversé trois grandes avenues sans problème.

Enfin le centre-ville, je passe toujours par là, même si ça me fait faire un énorme détour. Quand je rentre dans le centre-ville, c'est comme une explosion de lumière et de musique par rapport aux calmes avenues bordées de lampadaires qui ne servent qu'à décorer. Je me sens en sécurité ici. Je marche encore longtemps, portée par la musique, profitant de chaque seconde de répit.

 

Et maintenant, il y a toujours cette étroite ruelle, trop sombre à mon goût. Je respire un bon coup et m'engouffre dans la dangereuse ruelle. Mes sens en alerte, chaque bruit me fait frissonner. Je marche rapidement mais silencieusement. Je vois la sortie de la ruelle mais j'ai cette horrible impression qu'on m'espionne, qu'on me surveille, qu'on me calcule, qu'on va m'attaquer à tout instant.

 

Des bruits, plus exactement des pas derrière moi, qui se rapprochent à une vitesse hallucinante, des remarques qui m'alarment, des rires. J'accélère. La sueur perle sur mon front. Quelqu'un court. Je jette mes affaires par terre, espérant le ralentir et me mets à sprinter. La course folle à commencé... Je ne peux m'empêcher de pleurer, je ne sais pour quelles raisons, mais je sais que j'ai peur, j'ai froid, je souffre. J'entends des gens qui font la fête au loin, ils ont tellement de chance... Ils sont en sécurité, sont heureux, ont tout ce que je n'ai pas. Et cela me tue encore plus.

Je cours, je cours encore longtemps et l'air commence à me manquer, je n'arrive plus à respirer, il faut que je m'arrête, mais cela m'est interdit, je n'en ai pas le droit. Je l'entends ricaner, me faire une remarque déplacée. Non! Non je ne veux pas, je ne veux ni te voir ni t'entendre, barre-toi! Mes sanglots redoublent, je halète.

 

Ce soir, j'ai de la chance, il n'y en a qu'un. Je reconnais ma rue, me force à courir jusqu'à ma porte, mais je sens que mes jambes céderont d'un instant à l'autre. Trois précieuses secondes que j'utilise pour chercher mes clés dans ma poche. Il est devant mon jardin. J'ouvre la porte en tremblant, saute dans la maison. Il est devant ma porte. Je la lui claque au nez avec mon pied gauche et bondis sur la porte pour la refermer à clé. Il sourit toujours et se met à tourner autour de la maison. Je vérifie que les fenêtres sont fermées et que les stores sont baissés. Je sue, pleure, tremble, l'air me manque, mes jambes ne me portent plus, j'ai toujours peur, toujours froid. Demain, je ne mettrai pas de jupe.

Héloïse

 

 

 

Hannah sort de chez elle, nerveuse puisqu'elle est en retard de 10 minutes pour son épreuve du permis de conduire qu'elle doit passer à 10 heures. Quand tout à coup, elle croise son voisin, légèrement instable mentalement, qui lui dit des paroles sans queue ni tête, comme à son habitude. En continuant son chemin, elle rencontre un vieille femme en difficulté avec des sacs de courses ayant l'air très lourds alors, dans un élan d'altruisme, décide de se mettre encore plus en retard et l'aide, ce qui lui prend au moins 10 minutes. En reprenant son chemin, cette fois en courant car elle est ENORMEMENT en retard, elle passe devant le portail de la maison du maire dont le chien se met à lui courir après. Après encore 10 minutes de course effrénée pour ne pas se faire mordre par le berger allemand du maire, Hannah arrive enfin au centre d'examen mais la course n'est pas encore finie...

Margot

 

 

 

Je sors de chez moi, j’en ai marre des cours, et je suis fatiguée. Un peu comme le ciel devant moi, gris, avec des nuages, mais il y a quand même des rayons de soleil qui percent. Je vois des graviers gris et blancs au sol, où sont parquées deux voitures, une grise et une rouge. Il y a un parterre de fleurs variées et colorées, avec des écorces de bois. Plus loin, un rosier jaune au milieu d’un immense rosier rose. En face, un grand arbre cache la maison grise du voisin, et à mes pieds, une terrasse faite en pavés en forme de H, couleur sable. À côté des voitures, il y a des piquets en fer ondulé plantés dans le jardin, pour les tomates. Je monte dans la voiture grise, avec mon frère. Mon père conduit. Je vois trois boîtes aux lettres empilées les unes sur les autres, des bambous en tas, des maisons, de part et d’autre de la route. À l’arrêt de bus, des collégiens qui attendent et le petit panneau de la rue des rosiers.

En chemin, il y a un chat noir et un tracteur rouge et noir qui cache la route. Un petit grillage vert fait le tour d’une maison. Un pont qui passe au-dessus d’une rivière légèrement agité. J’observe des vaches blanches avec des taches marron dans un pré. La voiture s’arrête à un stop à l’intersection, et à côté, je remarque un poteau d’électricité. Vers la 4 voies qui nous emmène au collège, il y a beaucoup de voitures. Beaucoup sont grises. On s’approche d’Intermarché avec son enseigne rouge, blanche et noire. Le parking est déjà rempli de voitures.

Au rond-point de Poligny, je regarde les lettres « Capitale du Comté » multicolores. Vers le stade rouge avec les lignes blanches, j’aperçois un coureur en short et plus loin, un cône rayé blanc et orange qui indique des travaux. Deux personnes se dirigent en direction du collège. Mon père gare la voiture sur le parking à moitié rempli. Je traverse le passage piéton, dont la peinture est abîmée. J’entre dans l’enceinte du collège.

Solène

 

 

 

La jeune fille aux cheveux roux sort de sa vieille maison à la façade abîmée. Elle passe par sa rue, remplie d’anciennes bâtisses, pour gagner du temps car ce matin elle est pressée ! Elle voit les rues vides, les volets fermés et les lampadaires allumés... Elle regarde le vieux monsieur au coin de la rue, la boulangère qui part travailler, une femme qui promène son chien. Elle regarde aussi le parc désert, les feuilles mortes qui tombent des arbres, les oiseaux qui s’éveillent. Elle arrive enfin dans le grand quartier rempli de nouveaux immeubles, où tout le monde semble déjà réveillé. Elle arrive enfin devant un des plus grands bâtiments et elle entre.

Sarah

 

 

 

Ce matin, je suis sorti de chez moi, j'étais stressé et puis énervé parce que j'avais pas entendu mon réveil sonner! Donc, je disais, je sors de chez moi et comme à mon habitude, tous les matins le même chemin : je passe d'abord ma porte d'entrée pour courir jusqu'aux grands lampadaires gris de mon quartier, ensuite je vois le beau potager de ma voisine et comme d'habitude, il est blindé de carottes ; je passe bien sûr par la grosse gouttière grise qui descend tout le long de la maison de mon voisin, les barrières du garage Michelin, j'ai vu une belle Peugeot jaune cette fois ! Ça change des vieilles bagnoles de d'habitude... Donc, je continue ma route... Le panneau de limitation 50 à côté de l'école de mon village, les arbres tout le long de la route, un panneau triangulaire de dos, une grande haie, une bouche d'égout fermée sur le trottoir, le grand manoir en face de la maison de retraite (il me fait trop flipper celui-là), une boite aux lettres verte qui se trouve chez les gens chez qui on faisait que de sonner en CM2, un grand poteau électrique qui est relié à pleins d'autres poteaux électriques, les raisins qu'on piquait tout le temps chez les gens qui habitent la grande maison blanche, une grande maison noire et jaune à côté du cimetière, le panneau qui indique l'église, des belles roses rouges à côté de la clôture à moutons, une belle boite aux lettres en forme de maison, une Audi Rs6 bleu. Bah aujourd'hui on a de la chance niveau voiture, parce que dans mon village au quotidien, c'est des Peugeot 205 toute la journée ! Bon... Je m'égare... J'en étais ? Ah oui ! La bouche d'incendie rouge en face du vieux Michel, une petite balançoire chez la nourrice de mon village et la poubelle verte à côté de l'arrêt de bus ! Je suis enfin arrivé à l'arrêt de bus, pfiou, j'en pouvais plus !

Je vois qu'il y a déjà du monde... Je décide donc de m'installer avec eux. 

Corentin

 

 

 

Elle sort de chez elle, toujours en retard !

Elle dit vite "au revoir" à son petit chien, ferme la maison, étant donné qu'elle est la dernière, prend son vélo avec une selle qui n'est pas adaptée à sa petite taille et fonce ! Pourtant elle parait détendue et même assez pensante : "J’espère que je vais réussir mon évaluation" ou "Pourquoi ils n'enlèvent pas cette fichue branche d'arbre que j'évite de peu tous les jours ?? " ; enfin, des pensées banales d'une collégienne. Elle, elle préfère le matin, le vent est frais, le chant des oiseaux est plus perceptible malgré certaines voitures et il y a toujours des choses à observer ; des adultes se rendant au bureau chacun dans leur bulle ; des enfants qui vont à l’école avec leurs parents ou en bus... Bon elle est en retard et essaie comme toujours de se recoiffer... Le trajet quotidien est très court, elle dépose déjà son vélo dans le hangar à vélo, dit bonjour à certains camarades, reçoit du gel hydroalcoolique dans les mains et passe les portes de son collège, avec des questions plein la tête, du stress pour cette journée identique, enfin ... Peut-être pas... ?

Justine

 

 

 

Même après son déménagement la jeune fille aux longs cheveux blonds prenait toujours le même bus et faisait toujours le même trajet par manque d'arrêt de bus dans son village.Et comme tous les matins elle est nostalgique, ce qui la rend comme cela c'est de revoir tous ces endroits où elle s'amusait tant avant.Elle se rappelle de quand avec ses amis ils allaient à cette maison abandonnée pour se faire peur, de quand elle se rendait à cette fontaine et qu'elle cueillait des fleurs pour les déposer sur la surface de l'eau. Le fait de voir ce champ de hautes herbes lui rappelle à quel point elle aimait faire des cache-cache avec ses frères et sœurs. Elle se rappelle de quand elle allait dans cette forêt en bord de route pour y cueillir du muguet qu'elle allait ensuite apporter à sa maman. De quand elle se rendait à vélo dans la ferme d'à côté pour y contempler les animaux. Elle se remémore à quel point elle appréciait aller au grand magasin en ville pour aller s'acheter des bonbons, et d'aller à la piste d'athlétisme pour courir après les cours. Et sa nostalgie s’efface chaque matin peu à peu au moment où elle arrive au collège...

Perrine

 

 

 

Des écoliers, des collégiens masqués mais sans manteaux ni chaussettes devant la gare.

Des animaux écrasés : écureuil et en face celui qui reste seul ; un chat au pelage pas sauvage, un oiseau sans doute trop impulsif au réveil.

Des papis à chiens, un grand et un moins grand, en laisse devant le tabac qui a cessé de faire café cette année.

Une livreuse de pain en camionnette qui fournit tous les jours une baguette à un monsieur qui l’attend, au milieu de nulle part, sur une route coincée entre l’eau et une voie de chemin de fer.

Au même endroit, chacun.

 

Si je ne les vois pas, c’est que je suis passée trop tôt ou que je suis en retard.

 

Arrivée dans la ville. 5 feux devant moi et deux voies possibles – la droite plus rapide que la gauche.

Les arrêts de bus, les gens défilent.

Arrivée au 14, voiture jaune ou pas ? De la place en tout cas.

Catherine

 

 

 

 Lucie sort de chez elle. Elle regarde le ciel par la fenêtre de sa cage d’escalier d’un air rêveur. Elle pense au déroulé de sa journée tandis qu’elle ouvre la porte de sa petite Peugeot 206 bleue foncée. En voyant la bosse sur sa carrosserie, symptôme de son caractère tête en l’air lors de sa dernière sortie, elle se rappelle qu’elle doit appeler le garagiste pour faire la vidange de sa voiture. Elle se note d’y penser plus tard. Tandis qu’elle remonte sa rue et passe devant la pharmacie, elle hésite à s’arrêter chez le boulanger pour acheter son pain complet. En ce moment, avec le couvre-feu, elle terminera trop tard au travail pour avoir de quoi déjeuner demain matin. Ses pensées continuent à vaquer d’une occupation à une autre.

Tiphaine